MANDE LANGUAGES
 

Mogofin

 

Le mogofin, ou le mikhiforé (un nom soussou) est parlé dans une trentaine de villages à l'extrême nord-ouest de la Guinée, au sud de la ville de Boké.

Carte de la langue mogofin

Selon une estimation de 1991, le nombre des locuteurs du mogofin est proche de 3600, mais il y a toutes les raisons de penser que ce chiffre doit être considérablement infériorisé.

Le mogofin est très proche du kakabé (88% de mots apparentés dans la liste Swadesh de 100 mots, et la morphologie des deux langues est très proche). Si ce n'était pas une distance géographique considérable et l'absence d'un nom commun, les deux lectes pourraient être considérés comme dialectes d'une seule langue. La migration des Mogofin vers la côte atlantique est lié aux événements du djihad peul du 18 siècle. Selon une tradition orale, les ancêtres des Mogofin ont réfusé de se soumettre aux Peuls et sont partis à l'ouest, tandis que les ancêtres des Kakabé sont restés au Fouta-Djallon. Un article de Mohamed N'Daou traite de cette histoire:

N’Daou 1999 – Mohamed Saidou N’Daou. Politique de peuplement et construction de l’identité des Mikhiforé de Boké. Mande Studies, 1, pp. 159-180.

On peut tirer une idée de la langue mogofin des descriptions brèves faite par une missionnaire:

Jacqueline Janse. Grammaire Mɔgɔfin. Deuxième version. Boké: Mission Evangélique Réformée Néerlandaise, 1999, 77 p.

Jacqueline Janse. Mɔgɔfin. Eléments de description grammaticale. Boké: Mission Evangélique Réformée Néerlandaise, 130 p.

Des matériaux de Valentin Vydrine enregistrés à Conakry en 1996 restent inédits. Quelques échantillons de textes mogofin en caractères arabes ont été publiés dans l'ouvrage suivant:

Vydrine, Valentin. Sur l'écriture mandingue et mandé en caractères arabes (mandinka, bambara, soussou, mogofin). Mandenkan 33, 1998, 87 p.