MANDE LANGUAGES
 

San

 

Les langues san (samo) sont parlées au nord-ouest du Burkina Faso. Depuis les années 1960, les linguistes ont compris qu'il s'agit de plusieurs langues, plutôt que de dialectes d'une seule langue, contrairement à ce qu'on avait cru auparavant (voir l'article de Mary Lynn Morse. The question of Samogo. Journal of African Languages, 6, 1967, pp. 61-80 qui a clarifié cette question et, du même coup, a mis fin à une confusion entre le san et le samogho, une confusion qui avait été appuyée par le terme français "samo" utilisé couramment pour le san).

Il y a une distinction assez claire entre la langue san (ou san du sud; elle est connue également sous le nom "san-maka"; le nombre de ses locuteurs remontait à environ 85.000 en 1998) et les langues ou dialectes sané ("maya", "matya", "matyé"). Le san du sud est relativement homogène, tandis que les langues/dialectes du nord (parlés par plus de 140.000 personnes) sont très divergents; il est difficile de dire combien il y a de langues sané ("san du nord")

Carte des langues san/sané

En parlant du san du sud, il faut, avant tout, mentionner la thèse de doctorat de Suzy Platiel, ses collections de textes et des nombreux articles dans le Mandenkan, la Linguistique Africaine, et autres. En particulier:

Platiel, Suzy. Description du parler Samo de Toma, phonologie-syntaxe. Thèse de Doctorat d’État. Paris : Université René Descartes, 1974.

Platiel, Suzy. Les structures morpho-syntaxiques du san. Bulletin des Études africaines de l’INALCO, vol. II, 4, 1982, pp. 55-74.

Platiel, Suzy. La fille volage et autres contes du pays san (Burkina, anciennement Haute-Volta). Paris : Classiques africains, 1984, 342 p.

Le san du sud est également étudié par les chercheurs de la Société Internationale de Linguistique, dont le but principal est la traduction de la Bible et l'alphabétisation de la population. Voici quelques-unes de leurs publications:

Woodham, Kathryn. Analyse de textes san (parler de Toma): Aperçu des traits caractéristiques du genre narratif d’une langue mandé du Burkina Faso. Köln : Rüdiger Köppe Verlag, 2003, 151 p.

Boo nεn sέwε san-fransi, fransi-san [Lexique san–français, français–san ]. Ouagadougou: SIL, 2003, 120 p.

Il faut mentionner que la dernière publication (le nom de l'auteur, Anne-Marie Gimenez, n'est pas indiqué dans le livre) reste le seul dictionnaire san disponible en ce moment. Malheureusement, la notation tonale dans ce dictionnaire est "minimaliste": en particulier, les tons sur les verbes ne sont pas indiqués "pour ne pas alourdir l'orthographe" (il est vrai qu'à cause des nombreuses modifications grammaticales et contextuelles, le ton lexical du verbe est sensiblement obscurci).

Les problèmes sociolinguistiques et les contactes avec les langues voisines font aussi objet d'études:

Hoeth, Sabine. Southern Samo language contact. Nordic Journal of African Studies, 12(1), 2003, pp. 57-77.

Des linguistes burkinabé contribuent sérieusement aux études san. Les étudiants de l'Université de Ouagadou ont écrit plusieures mémoires sur cette langue; ils ont publié quelques articles dans les revues scientifiques:

Paré, Moïse. Analyse de la quantité vocalique en san. The Journal of West African Languages, Vol. XXVIII, No. 2, 2000/2001, pp.3-10.

Ki, Emmanuel. Contribution è l’étude phonologique du san : san du Sud ou parler de Toma. Mémoire de maîtrise : Université de Ouagadougou, 1985.

Le san du nord a attiré beaucoup moins d'attention. Un mandéisant autrichien, Erwin Ebermann, a enrégistré beaucoup de données sur ces langues, dont une petite partie seulement est publiée. Mentionnons l'article suivant:

Ebermann, Erwin. Possessivsätze im Samo von Bangasoko (Burkina Faso). Afrikanistisches Arbeitspapier (Köln), 24, 1990, pp. 53-67.

Les autres matériaux attendent toujours la publication.