MANDE LANGUAGES
 

Mandé-est

 

On avait pensé pendant longtemps que le groupe mandé-est consiste en trois langues (bien que comportant des dialectes assez divergents), le san (samo), le bisa et le busa (boko). C'est de cette façon qu'elles sont présentées dans un ouvrage de base d'André Prost:

André Prost. Les langues mandé-sud du groupe mana-busa. Mémoires de l'Institut français d'Afrique Noire, Dakar, 1953, 182 p.

Cependant, des études plus approfondies ont montré que la réalité est plus compliquée (ce qui n'est pas rare en linguistique africaine). D'abord, cette liste a été complétée par deux petites langues menacées, kyenga et shanga (qui s'avèrent, d'ailleurs, plus tenaces qu'on ne le penserait, malgré les prognostics pessimistes des chercheurs). Puis, chacune des trois "langues" susmentionnées s'est avérée une "macrolangue": leurs "dialectes" sont parfois si divergents que leurs locuteurs préfèrent communiquer entre eux en dioula, mooré ou haoussa plutôt que dans leur langue natale; il s'agit en fait de langues à part (bien que des parents proches). Compte tenu de ces circonstances, le nombre de langues dans le groupe est s'approche d'une dizaine ou dépasse même ce chiffre.

Parfois on classe parmi les mandé-est le beng; cependant, cela n'est pas confirmé par les données de la glottochronologie (voir la page "Famille mandé"). D'ailleurs, il faut mentionner que les groupes est et sud sont assez proches, et on peut parler d'un macro-groupe "mandé sud-est" (dans la littérature linguistique, ce macro-groupe est souvent appelé "mandé-est", ce qui crée une confusion, parce que le même nom est appliqué à la division d'un ordre inférieur dont il s'agit sur cette page).

A part le travail susmentionné d'André Prost, cet auteur a consacré une autre publication à la comparaison des langues de ce groupe:

André Prost. De la parenté des langues busa-boko avec le bisa et le samo. Mandenkan 2, 1981, pp. 17-29.

Une tentative d'établir des correspondences phonétiques régulières entre les langues mandé-est a été entreprise par Tatiana Nikitina, mais ce travail a été abandonné depuis qu’elle s'occupé de la langue wan.

Une reconstruction de la proto-langue du mandé-est est l'objet d'étude de Henning Schreiber à l'Université de Frankfurt. Il a recemment publié un livre sur la reconstruction phonologique et morphologique de ce groupe:

Henning Schreiber. Eine historische Phonologie der Niger-Volta-Sprachen. Köln: Rüdiger Köppe Verlag, 2008, 331 S.

Voici un compte-rendu de ce livre:

Vydrin, Valentin. Book review: Henning Schreiber. Eine historische Phonologie der Niger-Volta-Sprachen. 2008. Вопросы языкового родства - Journal of Language Relationships, 3, 2010, pp. 153-163.